

Jeudi 10 août 2006 : le débarquement
Notre fourgon aménagé débarque enfin du Nörrona
à bord duquel nous avons passé 54 heures!
Notre périple pour atteindre l'Islande nous a paru interminable! Tous
d'abord trois jours d'un long voyage au départ de Lyon pour rejoindre
le port d'Hansholm au Danemark. Puis deux jours de ferry pour atteindre les
îles Féroés, deux jours d'attente sous la pluie et dans
le brouillard, et enfin trente heures de bateau pour débarquer enfin
sur le sol Islandais ! Ouf !
Notre première impression est mitigée.
Le fjord de Seydisfjordur est enveloppé dans un brouillard épais.
Nous pensions débarquer dans une grande ville, il s'agit en fait d'un
tout petit village de pêcheurs. La température extérieure
n'est que de 7degrés. Le véhicule grimpe péniblement
au milieu de nulle part. Nous doublons un groupe de cyclotouristes que la
brume happe rapidement. Enfin, au détour d'un virage, le brouillard
se dissipe pour laisser place à un spectacle incroyable: un immense
désert de lave et de sable s'offre à nos yeux incrédules.
Après avoir traversé Egilsadir, nous empruntons la route 1 vers
l'ouest. Les paysages sont somptueux. De nombreux points de vue permettent
de découvrir le désert qui s'étend à perte de
vue. La piste 864 nous conduit à Grimsstadir. Impossible de rouler
à plus de 25 km/h tant la piste est mauvaise. Tout est désertique.
Il ne faudrait pas tomber en panne ici. Après plus d'une heure d'efforts,
nous atteignons DETTIFOSS. Le spectacle est hallucinant! Nous décidons
de bivouaquer au pied des chutes. A moins de vingt minutes de marche en aval,
les chutes de SELFOSS sont tout aussi étonnantes. Le bruit est assourdissant.
Il est temps pour nous de regagner le fourgon pour un café bien mérité
!
11,
12, 13 août 2006 : La région du lac de Myvatn
Pas moins de trois jours pour explorer cette région incroyable! Dimmuborgir
et ses sculptures naturelles, Skutustadir et ses cratères majestueux,
les solfatares de Namafjall, le cratère Viti, et enfin le site de Leirhnjukur
que nous avons exploré au petit matin en VTT. Dantesque!
Une excursion en canoé sur le lac nous a permis de découvrir
une faune bruyante et diversifiée. Mais le plus insolite restera pour
nous le petit paradis que nous avons découvert juste à côté
de l'usine géothermique : un petit bassin alimenté par une chute
d'eau chaude dans lequel la baignade est un réel moment de détente
après les efforts de la journée.
14 août 2006 : de Myvatn à Reykjavik
Nous reprenons la route 1 en direction d'Akureyri, qui est la seconde grande
ville d'Islande. Une halte aux chutes de Godafoss nous permet d'admirer un
spectacle naturel époustouflant. Nous quittons le site à regret.
Le ravitaillement s'impose avant de rejoindre Dalvik, puis Olafsfjordur et
enfin Saurbaer par la piste, où nous passerons la nuit au bord du fjord.
Dès l'aube, en route pour la capitale par la route 1. La journée
se terminera au blue lagoon par deux heures de détente bien méritées
après cette longue journée de transition.
15 août 2006 : Reykjavik
Ce
qui nous a le plus surpris en visitant la capitale, ce sont ces énormes
4x4 qui sillonnent la ville. Rien à voir avec nos véhicules
qui paraîssent riquiqui face à ces monstres taillés pour
affronter les pistes et les gués. Le soleil est de la partie et nous
en profitons pour faire un peu de shopping et de ravitaillement. Rien ne distingue
Reykjavik d'une autre capitale, si ce n'est sa taille très relative.
Depuis le sommet du réservoir géothermique, nous admirons la
ville qui s'étend à nos pieds. Mais l'appel des grands espaces
est le plus fort, nous repartons vers le sud. Une courte halte sur le site
de Seltun, un champ géothermique, nous permet d'admirer de sompteux
solfatares, au milieu d'une odeur de souffre incroyable. On se croirait en
enfer ! La tempête se lève dès que nous atteignons la
côte sud. Nous calons le camping car au pied d'une petite église,
bien à l'abri du vent et nous nous endormons comme deux gros bébés...
16
août 2006
Après
un rapide petit déjeuner, en route pour HVERRAGERDI. Nous partons sac
au dos pour une superbe ballade dans la montagne dont le point d'orgue sera
une délicieuse baignade dans une source d'eau chaude. Il n'y a qu'ici
que l'on peut envisager cette extraordinaire expérience ! Malheureusement,
le coin est connu et nous ne sommes pas seuls. Dommage. Dès notre retour,
en route pour les chutes de GULLFOSS que nous atteignons dans la soirée.
Le site
est vraiment très impressionnant. Nous décidons d'y bivouaquer.
17
août 2006 : en route pour Hveravellir
Dès
notre réveil, en route pour Hveravellir par la piste F35. Nous avons
beaucoup de chance car cette année n'est pas très pluvieuse
et les gués sont facilement franchis par notre camping car. Les paysages
sont hallucinants. On se croirait sur la lune. Au loin, les glaciers gigantesques
accompagnent notre déplacement. Il faut rouler lentement pour éviter
les pierres et les ornières. Enfin, après plusieurs heures d'efforts,
nous parvenons à Hveravellir. Il s'agit d'un point chaud en plein coeur
de l'Islande. Une ballade au milieu des fumerolles et des solfatares, dans
un vacarme assourdissant, est une expérience que nous ne sommes pas
près d'oublier ! Le camping est très sommaire mais nous découvrirons
à l'épicerie un véritable trésor: une bouteille
de Chardonnay californien au prix de...27 euros ! Divin au coucher du soleil,
face aux glaciers et au désert de lave. Un bon bain dans une source
d'eau chaude ponctuera cette journée inoubliable.
18
août 2006 : le site de Gesyr
Après
avoir longuement hésité à poursuivre notre route vers
le nord, nous décidons de rebrousser chemin pour ménager notre
fourgon. En effet, il semble que la piste vers le nord soit un peu délicate...
Donc retour par la F35 jusqu'à Gesyr. Quel phénomène
étrange ! Il vaut mieux profiter du site très tôt le matin
pour éviter les touristes. L'eau rempli petit à petit un puit
creusé dans le sol. Lorsque la pression devient trop forte, l'eau est
violemment expulsée vers le ciel à plus de trente mètres.
Le site regorge également de mares de boue. La vapeur s'échappant
des entrailles de la terre provoque un bruit assourdissant.

19,20
août 2006 : en route vers Landmanalaugar
Une bonne journée de route sera nécessaire pour rejoindre le
site de Landmanalaugar par la F26 puis la F208. La piste peut être empruntée
avec un véhicule classique par temps sec. Il est quand même prudent
de s'équiper d'une pelle et de plaques de désensablement. Il
faut absolument éviter de sortir de la trace et conduire en souplesse.
Les deux derniers gués sont réputés infranchissables
en véhicule 2X4. Mais certains tentent l'expérience et ça
passe ! Cela dépend également du niveau de l'eau... Nous avons
préféré laisser notre véhicule sur le petit parking
avant les gués. L'ambiance au camping est incroyable. Des baroudeurs
venus du monde entier bivouaquent au bord de l'eau. L'ambiance est très
cool, comme on les aime. Le plus surprenant reste l'épicerie-bar, installée
dans un vieux bus anglais délabré. On y trouve de tout et surtout
du poisson frais péché dans le coin : délicieux. Une
source d'eau chaude permet un bain divin au soleil couchant. Il s'agit de
l'un des endroits les plus incroyables que je n'ai jamais vu. Après
une bonne nuit de sommeil, nous partons pour une randonnée de huit
heures sur le site. C'est grandiose! Un peintre n'aurait pas mieux réussi.
Les couleurs sont hallucinantes...et je pèse mes mots! Où que
l'on porte le regard, tous n'est qu'enchantement. Nous terminons notre randonnée
en fin de soirée, fourbus. Un bain délicieux s'impose. Le poisson
grillé acheté le matin à l'épicerie nous câle
et nous nous endormons comme deux gros bébés, berçés
par le bruit lancinant de la rivière qui coule à nos pieds.


21
août 2006
Après une courte ballade en VTT sur le site de Landmanalaugar, nous
prenons la route pour Jokulsarlon, point d'orgue de notre séjour en
Islande. Nous avons acheté un canoé dans le seul but de naviguer
au milieu des iceberg, sur le lac. Nous parvenons sur le site dans la soirée,
après avoir visité la superbe chute de Skogafoss puis l'étrange
langue glaciaire noire de Solheimajokull. Le sable noir qui recouvre la glace
donne à l'endroit un charme particulier...Mais une surprise de taille
nous attend encore: une colonie de macareux, oiseau emblème de l'Islande,
a élu domicile le long de la falaise. Nous ne pensions pas approcher
ces oiseaux sauvages si près. Leurs décollages sont très
surprenants et nous passons un bon moment à admirer cette espèce
très curieuse...


22
août 2006 : Jokulsarlon
Enfin,
le voilà qui s'étale devant nous. Nous avons beaucoup voyagé,
découvert des endroits extraordinaires, des paysages somptueux, des
glaciers, des déserts, des monolithes gigantesques, mais le spectacle
éphémère et changeant qui se joue devant nous est vraiment
exceptionnel. De monstrueux blocs de glace se détachent du glacier
pour tomber et dériver jusqu'à la mer. Certains ont la taille
d'immeubles de plusieurs étages! Dire que nous allons naviguer entre
ces blocs! La température de l'eau ne dépasse pas 2°. Des
véhicules amphibies (qui ont joué une scène du film Tomb
Raider) transportent les touristes au milieu du lac. Un zodiac les accompagne
au cas ou quelqu'un tomberait à l'eau car la durée de survie
dans une eau aussi froide n'excède pas 3 minutes... Notre canoé
est gonflable. Il ne faudra pas s'éloigner à plus de 200 mètres
du bord, en cas d'incident. Nous sommes tous les deux bons nageurs et nous
pourrions gagner la rive rapidement. Les risques sont limités si l'on
surveille les icebergs et que l'on évite de les heurter. Le canoé
est mis à l'eau. C'est parti pour la ballade. Nous sommes un peu tendus
au début. Les sensations sont incroyables ! Soudain, un craquement
assourdissant déchire le silence. A environ 500 mètres de nous,
au milieu du lac, un gigantesque iceberg vient de se briser en trois morceaux.
Il devait mesurer à l'origine 200 mètres de long par 30 ou 40
mètres de haut. C'est la panique, nous ramons frénétiquement
vers la rive. Les trois gigantesques morceaux de glace se retournent pour
trouver un nouvel équilibre. Nous craignons qu'une vague gigantesque
nous emporte et nous nous préparons au pire tout en redoublant d'efforts
pour regagner la rive. L'eau se met litéralement à "vibrer"
mais pas de vague.
Ouf ! Bien au sec sur la rive, nous regardons dériver les immenses
blocs de glace. Assez de frayeurs pour l'instant. Il est temps de regagner
le fourgon pour un repas bien mérité.
Concients de vivre des moments inoubliables, nous décidons de repartir
en exploration sur le lac. Finalement, le seul vrai danger serait de s'approcher
du front du glacier, où un pan de glace pourrait se détacher
et créer une grosse vague succeptible de nous submerger. Nous naviguons
beaucoup plus sereins. Tout à coup, un phoque curieux montre le bout
de son nez. Puis un second, un troisième. C'est toute une famille,
intriguée par notre présence qui entame avec nous une partie
de cache-cache. Notre exploration dure deux bonnes heures. Nous terminons
la journée par un coucher de soleil somptueux...


23
août 2006
Très difficile de quitter un endroit aussi magique. Après une
dernière rando autour du lac en VTT, il est temps de partir. Nous poursuivons
notre périple vers l'est par la route N°1. Nous décidons
de partir à la découverte de Hengifoss et Litlanesfoss. Il nous
faudra une bonne heure de marche accrobatique pour atteindre la chute de 120
mètres. Le spectacle est grandiose. Le bruit est assourdissant. Des
strates de couleur orange, rouge et noire décorent le site. Un dernier
ravitaillement à Egilsstadir, et il faudra se préparer à
embarquer pour le retour. Nous quitterons ce pays surprenant la tête
pleine de souvenirs magiques avec la ferme intention de revenir...mais quand?
